Association d'Études sur la Renaissance,
l'Humanisme et la Réforme

Institut des sciences de l'homme
14, avenue Berthelot - 69007 Lyon

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    Pascale Mounier

    Éditions Lyonnaises de Romans du XVIe siècle (1501-1600)

    Le projet scientifique

    Malgré l’intérêt croissant dont il a fait l’objet ces vingt dernières années, le roman du XVIe siècle n’occupe qu’une petite place dans le panorama actuel de la recherche. La variété et le nombre de ses manifestations peuvent de prime abord dérouter, voire dissuader d’aller plus loin.

    Le développement d’enquêtes à moyenne échelle, qui se proposent d’examiner les productions d’un champ géographique et chronologique restreint, nous paraît adapté à un tel objet. La ville de Lyon, la seconde du royaume pour l’activité de ses presses, est particulièrement à même de fournir un aperçu révélateur du genre à cette époque.

    Une base sélective

    Premier objectif : recenser les éditions lyonnaises de romans entre 1501 et 1600.

    Les bornes chronologiques actuellement retenues permettent d'embrasser une période de dynamisme sans précédent du marché lyonnais du livre, marquée par l'extrême diversité des titres et des éditions qui y voient le jour. Ces bornes ont toutefois vocation à s'élargir, en particulier vers l'amont. L'année 1500 ne marque pas une rupture significative dans le domaine des éditions de romans,  contrairement aux débuts de l'imprimerie. L'inventaire actuel est donc appelé à déplacer progressivement son terminus ab quo jusqu'aux années 1470.

    Est ici considérée comme roman toute fiction narrative longue, c'est-à-dire qui “travaille” du temps pour développer une “histoire”. Cette définition, retenue comme cadre de l'enquête, est volontairement minimale : à vocation pratique plus que théorique, elle ne prétend pas se substituer à la problématisation de la catégorisation générique, de son statut ou de ses limites. En revanche :

    • elle conduit à l'exclusion des recueils de récits brefs (les Comptes amoureux), des nouvelles (Griselidis), mais aussi des narrations historiques (La Vie de Bayard), des récits mythiques (Les Illustrations de Gaule), ainsi que des textes dont la dominante n'est pas narrative ;
    • elle autorise l'inclusion des récits pseudo-historiques (le Recueil des histoires de Troie ou la Vie de Virgile), des courts récits à motifs chevaleresques ou folkloriques (comme les chroniques gargantuines) ainsi que des récits sentimentaux présentés sous forme épistolaire ou dialoguée (la Penitence d'amour).

    Cette délimitation pratique du corpus de “romans” retenus tient compte de la manière dont la mise en forme opérée par les imprimeurs-libraires contribue à la catégorisation générique des textes en anticipant leur réception : les “effets de série” (voire de “collection”) repérables dans les éditions renaissantes produisent de facto des regroupements aux contours mouvants. C'est dire que la détermination du “genre” d'un texte est aussi tributaire de sa réception et des choix qui la devancent ou l'orientent. Ainsi, la Célestine, traduction de la Celestina de Fernando de Rojas, a été ici retenue en raison de ses conditions de publication et d'accueil, et de certains aspects matériels qui semblent la rattacher aux “récits sentimentaux” contemporains - bien qu'elle présente simultanément des affinités avec la forme théâtrale. 

    Une base analytique

    Second objectif : nourrir la réflexion sur le roman au XVIe siècle.

    Pour raisonnées qu'elles soient, les limites chronologiques et spatiales choisies conservent nécessairement une part d'arbitraire. Toutefois, ainsi conçue, cette base nous paraît riche de perspectives, y compris pour la problématique générique. Par lui-même, l'inventaire affine déjà la connaissance de l'évolution du marché du roman à la Renaissance. Les notices quant à elles permettent de confronter aisément différentes éditions d'un même texte, et offrent en outre des possibilités de synthèse sur l'activité d'un imprimeur. Les limites imposées au répertoire bibliographique n'en laissent donc pas moins un véritable espace à la réflexion sur les formes narratives renaissantes et sur la singularité des presses lyonnaises. L'enquête se veut donc ouverte à la confrontation à d'autres ensembles de données - sur les éditions parisiennes ou régionales, par exemple.

    Les notices mises à disposition du public sont ainsi à la fois descriptives (et complémentaires de celles des catalogues de bibliothèques) et analytiques (dans l'esprit de celles que l'on trouve dans les Fictions narratives en prose de l'âge baroque. 1585-1683) de Franck Greiner [Champion, 2007], toutefois sans limitation des données au résumé de l'œuvre et aux sources).

    Une base évolutive

    Troisième objectif : partager les connaissances et susciter de nouvelles recherches.

    Tout en élaborant une cartographie des éditions lyonnaises de romans, la base vise à rassembler et/ou à établir des renseignements fiables et régulièrement actualisés sur des textes encore peu connus : elle réunit des références, des informations et des travaux tantôt déjà disponibles, tantôt originaux. Les travaux sur ce type d'ouvrages bénéficient aujourd'hui d'un véritable dynamisme, mais sont encore trop souvent éclatés entre différents domaines de spécialité - ou entre différents pays (pour l'étude des traductions en particulier) : la base a donc pour vocation de faciliter la diffusion des connaissances et les échanges entre chercheurs, de permettre aux uns et aux autres de faire connaître leurs travaux récents ou en cours.

    Enfin, en isolant les romans publiés à Lyon de la masse des publications contemporaines, la base leur donne une visibilité neuve. Elle offre ainsi aux chercheurs d'horizons divers un matériau susceptible de donner lieu à de nouvelles recherches. Mais elle devrait aussi permettre d'identifier les “vides de la recherche” sur certains titres, inciter les spécialistes à s'y intéresser.

    L'absence de prétention à l'exhaustivité et à la complétude est liée au caractère évolutif et collectif du projet : libre aux contributeurs d'alimenter la base de données en fonction de leurs centres d'intérêt et de l'évolution de leurs travaux. 

    Si vous êtes intéressé-e par le projet, vous pouvez prendre contact avec la responsable (P. Mounier), ou écrire directement au responsable d'une notice existante, pour proposer une contribution qui peut être ponctuelle ou régulière. 

     

     

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