Association d’Études sur la Renaissance,
l’Humanisme et la Réforme

Maison des Sciences de l’Homme Lyon St-Etienne
14, avenue Berthelot - 69007 Lyon

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    Éditions Lyonnaises de Romans du XVIe siècle (1501-1600)

    Titre uniformisé :
    Alector
    Édition(s) lyonnaise(s) :
    1. Pierre Fradin, 1560 : Alector
    Auteur :
    Aneau, Barthélemy
    Type d'ouvrage :
    roman français d'aventures contemporain

    Informations fiche

    Auteur principal :
    Yvone Greis
    Fiche créée le :
    04/11/2011
    Dernière actualisation le :
    26/07/2019

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    Bibliographie

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    Éditions anciennes

    Éditions lyonnaises

    1.    Pierre Fradin, 1560
    Alector, histoire fabuleuse, traduicte en françois d’un fragment divers, trouvé non entier mais entrerompu, et sans forme de principe. Lyon, Pierre Fradin, 1560.

    Exemplaires :
      - Paris, Bnf, Rés. Y2 1599 (consultable en ligne).
      - Paris, Bnf, Arsenal, Rés. B. L. 20.512.
      - Paris, Bnf, Mazarine, Rés. 22245 et Rés. 45548.
      - Paris, Bnf, Sainte-Geneviève, Rés. OE XV. 408.
      - Lyon, BM, Rés. 318306 (consultable en ligne).
      - Lyon, ADR, Fonds Léon Galle, F 367.
      - Troyes, BM, Rés. Z 17.3587
      - Wolfenbüttel, Herzog August Bibliothek, Rés. A : 47 Eth.
      - Charlottesville, University of Virginia Library, Gordon A.54 (consultable en ligne).

    Autres éditions anciennes

    Il n’y a pas d’autre édition ancienne que celle de Lyon de 1560.


    Éditions modernes

    ANEAU, Barthélemy, Alector, ou Le Coq, histoire fabuleuse. Edité par Marie Madeleine Fontaine, 2 tomes, Genève, Droz, 1996.

    ANEAU, Barthélemy, Alector ou le Coq, Histoire fabuleuse. Édité par Georges Bourgueil, Albi, Passages du Nord-Ouest, 2003.


    Édition de traductions anciennes

    Il existe une traduction en anglais d’Alector, faite par John Hammond, qui se revendique comme l’auteur de l’ouvrage :

    HAMMOND, John [traducteur], Alector. The Cock. Containing the first part, of the most excellent, and Mytheologicall Historie, of the valorous Squire Alector. Sonne to the Renowned Prince Macrobius Franc-Gal. and to the Peerelesse Princesse Priscaraxe, Queene of High Tartary, London, Thomas Orwin, 1590.


    Études et articles

    ALATORRE, Sylvie, « Englishing Alector ou le Coq : Elisabethan Translations and Cultural Transformations », in Cultural Transformations in the English-Speaking World, dir. C. Cottenet, J. C. Murat, N. Vanfasse et alii, Newcastle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, 2010.

    FONTAINE, Marie Madeleine, « Alector, de Barthélemy Aneau, ou les aventures du roman après Rabelais », in Mélanges sur la littérature de la Renaissance à la mémoire de V.-L. Saulnier, Genève, Droz, 1984, p. 547-566.

    GREIS, Yvone, ALECTOR, HISTOIRE FABULEUSE (1560) : Traduction en portugais de l’histoire fabuleuse de Barthélemy Aneau et étude critique de la ville imaginaire d’Orbe, thèse de doctorat soutenue en 2013.

    ROOSE, Alexander et DE TEMMERMAN, Koen, « Alector ou le Coq, histoire fabuleuse de Barthélemy Aneau, ou les travestissements littéraires et les enjeux idéologiques du roman grec ancien à la Renaissance », in La réception de l’ancien roman de la fin du Moyen Âge au début de l’époque classique, Actes du colloque de Tours, 20-22 octobre 2011, dir. C. Bost-Pouderon et Bernard Pouderon, Lyon, Maison de l’Orient et de la Méditerranée, 2015, p. 293-307.


    Carnets de recherches

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    Histoire éditoriale

    Alector est un roman original composé par Barthélemy Aneau. L’œuvre, qui rassemble des références savantes variées, comme celles au mythe de l’origine troyenne de la France, à la Cabale et l’alchimie et à la révélation néoplatonicienne, est difficilement classable. La matière relève cependant surtout de l’aventure : l’« histoire fabuleuse » rapporte de façon croisée les récits de vie d’un père, Franc-Gal, et de son fils, Alector.
    Aneau ne signe pas ouvertement Alector, qu’il prétend dans l’épître dédicatoire avoir trouvé sous forme mutilée, traduit et agencé au mieux possible. Mais son nom apparaît dans la dédicace à Catherine Lecoq. Quoique le narrateur indique à la fin de l’œuvre qu’une seconde partie est à venir, l’assassinat de Barthélemy Aneau en 1561 a interrompu le probable projet de suite.
    Alector n’a connu qu’une édition (éd. 1) en français au XVIe siècle. Le privilège date 1558 et l’édition de 1560, probablement de la fin de l’année en raison de l’apparition de la marque de Pierre Fradin (voir Marie Madeleine Fontaine, 1996, « Introduction », p. CXXIII).


    Résumé

    Quoique organisé de façon artificielle, le roman contient deux histoires principales, à savoir les vies de Franc-Gal et Alector, père et fils respectivement. Franc-Gal engendre Alector de Priscaraxe, une femme serpentine qu’il fait reine d’une monarchie idéale dans la Scythie Tartare. Embarqué sur Durat, un hippopotame ailé, Franc-Gal part à l’aventure, si bien que son fils naît et grandit en son absence. Éduqué par Priscaraxe, Alector décide un jour de quitter sa mère pour rejoindre son père dans l’espoir d’être adoublé par celui-ci. Père et fils se rencontrent finalement à Tangut ; mais Alector est alors enlevé du haut d’une des ailes de Durat par l’esprit de son oncle Gallehault, qui le lâche dans la ville imaginaire d’Orbe. Accusé d’avoir assassiné une jeune fille de la ville, Noémie Gratianne, après l’avoir sauvée des griffes d’un centaure, Alector doit combattre un serpent monstrueux dans les arènes pour prouver son innocence. Franc-Gal arrive in extremis pour assister à la victoire de son fils et mourir de joie.


    Éléments du paratexte : saisie personnelle

    Exemplaire Charlottesville, University of Virginia Library, Gordon A.54 (éd. 1)

    Outre la dédicace [f. *4-6] transcrite ci-dessous, le paratexte liminaire contient un « Extraict du privilege » [p. de titre v°], une « Table capitulaire » suivie d’une « Premonition » [f. *2-*3 v°] et trois « Propos rompu[s] » [f. 6 v°-8 v°].

    A MA DAMOYSELLE M. D. CATHERINE DE COQ, DAME DE LA VAU-JOUR, S. [f. *4-6]

    JE SAY BIEN (Ma damoyselle) que vous direz, ou penserez ainsi : Qui est ce nouvel homme, qui m’envoie, et dedie ce livre? Je vous declare que c’est moy Barptolemy Aneau bien vostre, Qui ayant des l’eage de ma premiere cognoissance mis en repost de sacrée memoire, comme en un intime Oratoire les venerables images, et vives representations en l’esprit de tous ceux, et celles d’ond j’ay receu bienfaict ou plaisir (Car de telle obligation n’est si grand au monde qui s’exempte par occasion oportune m’est venue au devant la loingtaine ressouvenance de feu memorable personnage monseigneur vostre pere, depuys le temps que avec luy et aucuns de messieurs voz freres je vous vi premierement à Bourges, lieu de ma nativité et patrie, en la noble maison de feu, de digne et reverente memoire, Messire Guillaume de Cambray, Chancelier de Bourges et (comme adonc je l’entendi) vostre prochain parent, vous pour lors estant en la compaignie et soubz la conduicte treshonnorable de vostre pere, Monsieur des Grenées, retournant de Lyon pour certaine commission Royalle, et de madame vostre mere Dame honnorable, à laquelle Dieu doint bonne et longue vie si elle est sur la terre des vivans : et bon repos si en l’autre. Vous alors estant petite damoyselle en l’eage de douze ou treize ans quant à la veüe de l’infante face, et du tendre corps : mais quant en provenante sagesse, et honnesteté, bonne grace, et gentillesse d’esprit, ja beaucoup plus meure, et avancée, que le temps et l’eage de vous n’estoient parvenuz : par exuberante felicité de nature. Ainsi donc en la maison de monsieur de Cambray je aiant agreable entrée, et familiere frequentation par l’octroi, et commandement du bon seigneur Patron de case honnorable et liberal personnage, autant docte en tous bons ars, comme amateur des bonnes lettres et gens de non fardée doctrine, qui de sa grace m’avoit en conversation domestique, en affection d’amitié chere, et frequente compaignie. Dond m’advint ce bonheur que par ceste frequentation je entray aussi en cognoissance, et reverente familiarité avec feu monsieur de Grenées vostre pere. Qui pour grace de visitation et amiable hospitalité de son parent, sejourna quelques jours à Bourges. Par laquelle occasion durant ce temps je eu aussi le moyen de contempler à loysir, et de precognoistre vostre gentille nature, et bien astrée inclination aux choses vertueuses. Appercevant ja flammeter en vous les estincelles de ce beau lustre de nayf entendement, et de grace venuste, qui depuys en la perfection de vostre eage, et forme, ont tresclairement resplendi. En contemplation dequoy et admiration singuliere, je retins alors plus particuliere cognoissance de vous. Laquelle dès celle heure engravée en ma memoire et affection, fut quelque temps apres renouvelée en vostre maison à Paris. Ou de cas d’aventure je fu mené et conduict en compaignie de quelques miens bons seigneurs et amys de vostre parenté. Et là je fu receu de vous en telle civilité, bon traictement, doux accueil, et si tresfranche reception (sans toutesfois aucun mien merite envers vous) que depuys ce temps là, avec l’antique memoire du passé, je n’ay eu plus grande cure en pensée que de povoir un jour monstrer envers vous quelque apparent simulacre de recognoissance pour les obligations susdictes. En quoy l’occasion oportune, si non asses suffizante, aumoins aucunement convenante, s’est offerte à mon desir, et deseing. Estant escheüe en mes mains une piece rompue d’un ouvrage. C’est un fragment d’une diverse et estrange narration, intitulée ès epistyles des fueilletz AΛΕΚΤΟΡ. ALECTOR. c’est à dire en bon François LE COQ, comme je l’ay mis, par maniere de plus facile intelligence en la superscription de chescune suyvante page. Laquelle à mon advis est une histoire fabuleuse couvrant quelque sens mythologic. Toutesfois bien dramatique, et d’honeste invention, d’artificielle varieté et meslange de choses en partie plaisantes, en partie graves, et admirables, et quelque fois meslées, plus toutesfois tenans de la Tragique que de la Comique. Icelluy oeuvre ayant trouvé tout broille et confus en divers langages, j’ay tourné (au moins mal que j’ai peu) en nostre langue Françoise, affin que si vous (madamoiselle) prenez quelquefois ou recreation, ou patience de le lire, ou escoutter lire, il vous soit plus familierement parlant. Et le vous ay, long temps a, donné, et dedié, et à present le vous donne, et dedie, Estimant que vostre noble nature ne voudroit souhaitter plus gentil present, que le personnage d’un prudent, hardy liberal, et vaillant Chevalier, portant en langue Grecque vostre nom original de gentillesse. Lequel brave Alector selon sa naturelle hardiesse, et liberalité, se va hardiement presenter, et liberalement donner à vous, et encore se rendre d’obeissance à vostre bonne grace. Bien considerant que il aussi ne pourroit sortir à la preuve de ses armes, et chevalerie soubz plus insigne conduicte, ne plus heureuse faveur, ne plus asseurée inspiration de hault coeur, que d’une si gentille, douce, et vertueuse Damoyselle, portant le nom et les armes de son devöe chevalier. Ce qu’est la cause (Madamoyselle) que je le vous envoye encore sortant hors de page, et en sa premiere adventureuse, jeunesse, esperant recueillir ses plus merveilleux, et plus beaux actes de son eage virile, et consistante, en un second livre ou tiers : autant comme la ma-tiere trouvée se pourra estendre. Et pource que en son propre nom il porte vostre surnom, et aussi qu’il depart de moy, et en charge de ma sponsion : Je le vous envoie, comme ostage, et calangeur pour respondre de mes debtes de memorable gratitude envers vous, comme j’espere qu’il fera, et sera receu. Ainsi favorable luy soiez vous en vos amiables pensemens, comme desja de tout temps passe il vous est dedié, et du present offert, et à l’avenir (s’il peut departir d’Orbe, et reprendre peregrination) il sera vostre tresaffectionné, et à perpetuité obeissant Chevalier d’honneur ALECTOR.

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